 Savons nous tout de ce monde? Et si les humains n'étaient pas la première race arrivée sur la planète, ni les plus intelligents? |
| | | | Auteur | Message |
|---|
Yzöel Aelith
Scientifique

Age : 16 Inscrit le : 03 Juin 2008 Messages : 46 âge du personnage : 23 ans Feuille de personnage PV:
   (125/125) expérience:
   (200/200) Arme: X
| Sujet: "Chez Aquïl !" Mar 24 Juin - 16:43 | |
| Il l’avait dit. C’était étrange… Ressentir un tel sentiment, essayer de l’expliquer. C’était étrange. Yzöel l’avait accepté comme à son habitude, s’était rendu compte qu’il était partagé, l’avait tant bien que mal expliqué, et à présent, en profitait. On pouvait faire tellement de choses avec un simple sentiment comme l’amour. Mais, pour la première fois, Yzöel pensait aux conséquences que cela aurait sur le travail. Lui pourrait très bien jouer la comédie mais il y avait toujours cette petite chance qu’il laisse échapper un mot qui pourrait détruire le secret. Car il savait en effet que cela resterait un secret. Si leur relation s’apprenait, ce serait le début de la fin… Eöiwn ne le supporterait pas… Et puis d’ailleurs, qui disait que cela continuerait ? Pourquoi de suite entrer dans de telles réflexions sur la suite alors que l’instant présent n’était pas sûr ? Tenant toujours Eöiwn par les épaules, le Docteur était en pleine réflexion. Mais pourquoi penser autant à l’avenir alors que le présent était instable ? C’était une question qui le tourmentait. Le présent était en effet instable… Et si le général ne voulait pas qu’ils se revoient, prenant peur de ses sentiments ? Et si Eöiwn le rejetait parce qu’il était beaucoup trop entreprenant ? Il était vrai que l’embrasser n’était peut-être pas une si bonne idée. Et si son cadet, son supérieur, son bien aimé, le laisser là, pensant qu’il ne devait plus y penser ? Yzöel qui pensait que sa peur s’était atténuée en apprenant que ses sentiments étaient partagés était à présent dans le flou le plus total. Et même s’il ne laissait rien transparaître, il était chamboulé. Il avait avoué, tout avoué et à présent il regardait Eöiwn. Sa réaction ? Ce fut un choc pour le docteur, un choc heureux certes, mais un choc tout de même. Il perçut une goutte qui venait d’affaisser une brindille d’herbe. Sachant que la pluie n’existait pas en Atlantide, il avait tout de suite compris d’où venait cette goutte nommée larme. Il regarda le visage d’Eöiwn et aperçut un filet liquide qui traversait sa joue sur la hauteur. Yzöel ne l’avait jamais vu verser une seule larme. C’était émouvant. Il savait ce que représentait cette larme et c’est ce qu’il trouvait le plus beau. Un léger sourire traversa son visage. Il s’apprêta à serrer le général contre lui quand, contre toute attente, celui-ci leva la main, essuya l’eau salée présente sur son visage et se releva subitement. Yzöel comprit alors et son cœur se resserra, restant accroupit au sol, les bras ballant. Dans son esprit, un seul mot vînt le torturer.
¤ Non. ¤
Non, il ne voulait pas. Le sourire qu’il arborait précédemment s’effaça rapidement. Son expression était neutre mais il souffrait comme un martyr à l’intérieur. Il avait compris que le général ne voulait pas continuer. Il l’aimait mais ne voulait pas s’exposer. Cela était compréhensible mais était-il obligé de s’éloigner autant ? Etait-il obligé de lui parler de cette voix si neutre qui blessait encore plus le Docteur ? Pourquoi lui faire cela ? Pourquoi le fuir ? Certes, cela pouvait être normal vu le caractère d’Eöiwn mais c’était une attitude dont il n’était pas du tout habitué et surtout qui le blessait. Il n’avait jamais demander à ce qu’ils le montrent à tout le monde présent dans le parc, il n’avait jamais rien dit du genre. Il n’arrivait pas à le supporter. Etre ainsi laisser et traiter comme avant ne pouvait que lui faire du mal. Mais il n’allait rien montré. Non. Si le Général ne voulait pas qu’ils soient vus, s’il décidait d’agir comme avant, alors Yzöel ferait de même. Et cela n’allait sans doute pas être amusant pour Eöiwn. Agir comme cela, refouler ses sentiments, faire comme si de rien était alors qu’il ressentait quelque chose : le docteur ne pouvait l’accepter. Jamais quelqu’un ne lui avait fait cela et c’était peut-être la raison qui le pousserait avec des choses qu’il n’avait jamais souhaité. Il n’insisterait donc pas. Il voulait ignorer ? Très bien. Yzöel se releva, le sourire aux lèvres malgré sa douleur intérieure, et se dirigea en sautillant vers Eöiwn. Il agirait normalement. Il remarquait la douleur de son supérieur mais pour une fois, une seule petite fois, il penserait d’abord à lui. Il courut donc vers lui et se planta devant, le sourire aux lèvres :
« T’as bien raison tiens ! Allons dans un bar ! »
Yzöel n’avait pas voulu ça mais c’était sans doute plus fort que lui. Il devait agir en gamin, participer au jeu de l’ignorance. Il prit le général par le bras et sortit rapidement du parc, tenant toujours fermement son bras et non doucement comme à son habitude. Il entreprit de le diriger dans toutes sortes de rues, souriant comme un gamin et les emmena à la place Furchitre. C’était là que se trouvait le bar habituel de ses rencontres. C’était « Chez Aquïl ! ». Il aperçut le bar bondé un peu plus loin et, sa main tenant toujours le bras d’Eöiwn, il y rentra. Ce ne fut qu’à ce moment-là qu’il lâcha enfin le membre du général pour lever sa main au gérant du bar, derrière le comptoir.
« Hoy ! Yzöel ! Ma parole ! Tu viens tôt aujourd’hui ! Et tu nous emmène un bien joli monsieur dis donc !
- Hey hey ! Aquïl ! Et oui ! J’ai eu mon après-midi aujourd’hui ! Ah, lui, c’est un ami ! Je voulais l’emmener au meilleurs bar de Pernopolis ! Hehe !
- Ahah ! Tu m’en diras tant ! Comme d’habitude ?
- Ouep ! »
Yzöel se dirigea vers le fond de la salle, se frayant un chemin parmi la foule et ayant repris le bras d’Eöiwn dans sa main. Les filles se retournaient vers eux et Yzöel leur souriait avec joie. Joie feinte mais tellement bien feinte que personne, pas même Eöiwn, pouvait le remarquer. Il alla s’asseoir sur un canapé au fond et fit s’asseoir le jeune Général en souriant. Et, agissant comme à la normale, il dit à Eöiwn :
« Ici, c’est le meilleur bar de la ville. Parfait pour les rencontres. »
Il avait fait exprès de dire ces derniers mots. Il regardait devant lui, joyeux et plusieurs filles vinrent s’asseoir près d’eux.
« Oh ! Salut Abigaël ! Tu es magnifique aujourd’hui !
- Oh, ne me dis pas tant de compliments, je vais rougir ! »
Yzöel sourit et s’appuya contre le canapé, regardant Eöiwn. Il dit alors avec entrain :
« Je vous présente un ami à moi ! Les filles, je vous laisse vous en occuper ! »
Il voulait évidemment le rendre jaloux. Il voulait lui montrer que lui aussi pouvait agir comme avant et que les conséquences qui s’en suivrait ne serait sans doute pas trop apprécié par le jeune homme. Le volume de la musique augmenta. Les filles se levèrent et allèrent danser à part quelques unes qui restaient collés aux deux jeunes hommes. Yzöel se leva alors et proposa à la belle Abigaël :
« Vous dansez ?
- Huhu ! Avec joie ! »
Elle se leva et ils se collèrent l’un à l’autre, dansant sur le rythme de la musique. Yzöel avait l’habitude. Il ne ressentait rien pour la demoiselle mais voulait le faire croire à Eöiwn. Il savait que le général n’était pas dupe mais sur le point amour, il ne connaissait rien. Alors il en profitait. Et au fond de lui, il espérait juste que l’homme se lèverait et arrêterait Yzöel. C’était comme un jeu. Le premier qui craquerait perdrait. Peut-être allait-il aussi le faire fuir mais dans tous les cas, il voulait une réaction de sa part, une réaction qui montrerait ses sentiments pour lui. Yzöel ferma les yeux, dansant corps à corps avec la demoiselle et attendit, priant pour qu’Eöiwn ne parte pas.
|
|  | | Eöiwn Hawk
† Administrateur †

Inscrit le : 11 Mai 2008 Messages : 132 Localisation : Chez Yzöel âge du personnage : 21 ans Feuille de personnage PV:
   (150/150) expérience:
   (200/200) Arme: Macful 500FG
| Sujet: Re: "Chez Aquïl !" Jeu 26 Juin - 13:41 | |
| Pourquoi ce mot avait eu tant d'effet sur lui? Allait-il, cette fois encore, réussir à décrypter les émotions produites par son inconscient le plus profond? Il remua terre et ciel, chercha dans le cytoplasme de ses cellules ce qui avait mû sa réaction on ne peut plus distante et blessante, mais rien ne venait, pas un mot, pas un souffle, pas une once de réponse. Le soleil avait dépassé son zénith, poursuivait sa course et continuait d'illuminer de ses puissants rayons la population mouvante. Mais pourquoi n'illuminait-il pas Eöiwn à cet instant? Pourquoi l'ombre venait s'abbattre sur ses épaules, lui ajoutant un poids qu'il ne pensait pas assumer. Pas assumer? Avait-il si peu d'estime pour lui-même? Se sentait-il aussi faible? C'était une faiblesse qu'il n'avait pas ressentit depuis sa jeunesse, une impuissance qu'il ne supportait ps, qui était née en lui cette après-midi, et qui suçait son sang comme une sangsue assoiffée. Une nouvelle larme naquît sur le coin de son oeil, qu'il tenta de retenir avec force. Et soudain, alors qu'il avait presque oublié que Yzöel devait réagir à tout ça, il sentit ce dernier s'approcher à petit pas sautillant. Il vut sa bonne humeur, l'envia, ne se doutant son fort intérieur meurtri, le regarda lui sourire sans retenue, lui répondre à sa proposition avec enthousiame. Cela lui fit peut-être encore plus mal, retenant toujours le débordement d'émotions qui menaçaient de le submerger à chaque moment, comme une sorte de bombe à retardement.
Bientôt son bras fut saisis par la violente étreinte du docteur, et par son entrain, sa larme se détacha de ses cils et virevolta dans l'atmosphère, traînée brillante qui s'effondra lamentablement sur le sol, dans l'ignorance de tous. Il ne prenait sans aucune douceur, adjectif qui s'était totalement envolé, jeune souvenir qui lui paraissait à présent si loin. Le général fut trimballé dans les rues, emmené sans vergogne, traîné tel un animal, jusqu'à la célèbre place Fuchitre, là où le monde venait se rencontrer et s'amuser, laissant leur raison au coin de la 6ème avenue. Ils se dirigèrent vers une brasserie bondée nommé « Chez Aquïl ! », lieu où Yzöel lui lâcha enfin la bride, pour saluer le barman. Ils semblaient se connaître, se lâchait des mots d'amitié, dévoilant une relation superficielle pourtant bien plus stable que la leur. Il ne réagit pas au « un bien joli monsieur » du propriétaire jovial, mais fut piqué au vif quand il entendit le « c’est un ami ! » du scientifique. C'était pourtant naturel, il n'aurait pas accepté qu'il dise autre chose, ni parler de collègue, ni de... peu importait. Son bras fut à nouveau saisis, là où déja se logeait une marque rouge. Le général avait enduré pire dans sa vie, mais là, elle lui faisait bien plus mal que n'importe quelle torture. Il fut emmené à une table du fond, sans manquer de remarquer les filles non indifférentes à l'arrivée du docteur. Celui-ci souriant joyeusement, avait fait asseoir son supérieur sans même lui dire un mot, il l'ignorait tellement qu'Eöiwn aurait pu disparaître sans qu'on ne remarquât rien. Enfin c'était ce qu'il croyait. Il fut bientôt prouvé du contraire.
« Ici, c’est le meilleur bar de la ville. Parfait pour les rencontres. »
Il n'avait donc pas totalement oublié son cadet, non il le savait près de lui, mais faisait tout pour lui inspirer la pire des sensations. S'il n'y avait point tant de monde dans la salle, le général à fleur de peau aurait peut-être fondu en larmes comme cela. Mais il ne se l'autorisait pas, d'autant qu'il devait toujours faire office d'autorité à Yzöel. Enfin, sans doute était-ce trop tard... Il échangea des compliments avec une fille dont il n'avait point entendu le nom et ne s'en souciait guère, ça ne lui importait que si peu. Il ne fit pas attention non plus lorsque le jeune habitué appela des jeunes filles à s'occuper d'Eöiwn, sans aucune compassion pour lui. Il sentit les femmes se coller à lui, l'une lui caresser le visage et les cheveux, l'autre poser sa tête contre lui et lui caresser le torse. C'était insupportable, il avait envie de vomir. Mais il restait stoïque, bouillant au plus profond, une envie de tout exploser autours de lui. Conscient de sa propre force, il s'imagina étrangler les filles, brisa la table en son milieu et envoyer valdinguer le traître. Mais qui avait commencé la traîtrise? N'était-ce pas lui-même en refoulant son débordement d'émotions? Alors quoi, aurait-il dû se jeter sur le docteur, pleurer les larmes de son corps, et continuer à l'embrasser. Il secoua la tête négativement, se considérant incapable d'accomplir de tels actes.
Yzöel proposa à la belle jeune femme d'aller danser et bien sûr celle-ci accepta sans réfléchir une seconde, ravie qu'un tel homme l'avait choisis, sans doute. Ils se mirent à danser, incroyablement collés l'un à l'autre, se regardant amoureusement, c'en était dégoûtant, déchirant, ah le général ne trouvait plus ses mots. Peut-être n'y en avait-il pas pour ce qu'il ressentait face à ce spectacle. Il eu envie de s'enfuir où de courir rejoindre les toilettes, pleurer ou vomir un bon coup. Mais allait-il être le premier à craquer? Ou devait-il jouer le jeu... Quoi, danser avec les filles, flirter? Impossible, il ne pouvait faire une chose pareille. Il jeta un regard froid aux deux donzelles qui s'accrochaient à chacun de ses bras dans l'espoir de les faire fuir. Elles se regardèrent, s'écartèrent légèrement. Voyant que ce n'était pas suffisant, il mima de ses lèvres, sans ne laisser échapper un seul son : « Vous voulez mourir? ». A croire qu'elles avaient très bien compris cette fois, elles couinèrent et s'en allèrent vite fait. Eöiwn posa les coudes sur la table et croisa les doigts sous son menton, les yeux mis-clos, fixant Yzöel sans condition. Il le voyait s'amuser, se détendre, séduire. Il l'imaginait le faire presque tout les soirs, ramener une fille à chaque fois différente... Sa main vint saisir le verre que venait de déposer le barman quelques minutes plus tôt à la demande du docteur, et le serra si fort, que la pression à l'intérieur du verre se plia à celle imposée par le militaire. Dans un bruit d'éclat, le liquide explosa de toute part, accompagné de bouts de verre. Les morceaux restant dans la paume de sa main furent compressés à sa chair, et leur coupant la tranchèrent. Quelques gouttes de sang, quelques larmes, Eöiwn se leva, sombrement, calmement, se dirigea de ses pas lents vers la porte d'à côté, et claqua la porte. Il se regarda dans les plaques miroitantes, vut son visage patétique et se détacha les cheveux dans un geste brusque. Sa poitrine lui brûlait, ah non, son ventre lui...
Il se jeta dans un des cabinets et vomit son déjeuner, non il l'avait digéré depuis un moment, il vomit sa bile sans raison apparente, peut-être rejetait-il tout les sentiments qui l'envahissaient, tout ce qui constituait son intérieur. Il repensait au moment sur la pelouse du centre ville, où il se délectait encore de sensation délicieuses. Mais à cet instant, plus rien ne comptait qu'un dégoût accaparant tous ses sens. Allongé à côté de la cuvette, il libéra le flot de larmes qui tentaient de sortir depuis que le docteur avait sortis les mots qui l'avaient si profondément touché... mais qui apparement n'étaient que du vent. Spectacle pathétique, il resta là, seul, sans broncher, le visage se comparant aux chutes du Niagara. _________________ Jeune mais tant de responsabilités, froid et regard indifférent...
...que quelqu'un frappe à la porte de mon coeur, ou il périra dans de la glace. |
|  | | Yzöel Aelith
Scientifique

Age : 16 Inscrit le : 03 Juin 2008 Messages : 46 âge du personnage : 23 ans Feuille de personnage PV:
   (125/125) expérience:
   (200/200) Arme: X
| Sujet: Re: "Chez Aquïl !" Ven 27 Juin - 13:44 | |
| Mais… Que lui arrivait-il ? Pourquoi agir ainsi ? Pourquoi tant jouer à un jeu qui ne lui plaisait pas vraiment ? Que faisait-il là, à danser, collé à une fille dont il n’avait aucun intérêt ?! Yzöel était perdu mais ne montrait rien. Il n’avait jamais rien montré… Tous les sentiments comme la peur, la tristesse, l’incompréhension, il ne les avait jamais montré. Il les avait toujours gardé au fond de lui, voulant parfaire sa réputation de scientifique joyeux. Il restait donc là, souriant, les yeux fermés, collé à la jeune femme du nom d’Abigaël. Mais il souffrait. Peut-être moins que ce qu’il était en train de faire endurer à Eöiwn mais il souffrait. Lui qui avait tant voulu le rendre joyeux, lui faire plaisir… Il était en train de le détruire. Comment osait-il faire une chose pareille ? Tout cela… Tout cela simplement parce qu’il avait été rejeté… Etait est-ce une bonne raison ? Il ne savait pas, il ne savait plus. Il n’était pas habitué au fait d’être ignoré, d’être éloigné, il n’arrivait donc pas à se faire à ses sentiments. C’était ce qui l’avait poussé à agir ainsi. Il ne savait s’il le regrettait ou pas à ce moment-là. Eöiwn avait l’air d’avoir tant souffert… Il lui rajoutait en plus cette souffrance-là ? Souffrance que le général n’avait jamais connu ? Certes, il commençait de plus en plus à le regretter. Mais il revoyait cette image… Cette image de son cadet qui s’éloignait de lui, qui lui parler d’un ton neutre, qui ne le regardait pas… Cette image-là atténuait un peu cette impression de regret. Qui avait commencé, hein ? Qui avait commencé à ignorer ? C’était bien Eöiwn ! Mais… pourquoi penser ainsi ? Pourquoi agir comme un gamin et entrer dans le jeu ? N’aurait-il pas pu le prendre dans ses bras, qu’il puisse sortir tous ses sentiments enfouis ? Non, il avait fallu qu’il agisse ainsi… C’était ignoble… Il se détestait, il haïssait son attitude présente. Il ouvrit enfin les yeux et vit la jeune femme qui le regardait amoureusement. Inconsciemment, il lui rendit son regard. Elle commença à descendre le long de son corps, caressant doucement ses hanches. Yzöel ne ressentait rien, absolument rien à ses caresses. Abigaël avait du le remarquer et s’était relevée, la mine boudeuse.
« Qu’est-ce qui se passe mon chou ? Tu réagis mieux d’habitude ! »
Yzöel sursauta, réveillé au milieu de ses pensées. Il la regarda amoureusement, lui chuchotant un léger « Désolée » et fit mine d’apprécier les caresses. Il était en train de torturer. Il torturait celui qu’il aimait ! Yzöel arrêta son mime. Il ne pouvait le torturer plus… Ca lui était impossible. Puis il entendit un bruit de verre cassé. Il se retourna vers l’endroit où se trouvait Eöiwn. Apparemment, il avait fait fuir les femmes qui l’entouraient. Dans sa main, des bouts de verre transperçaient sa peau. Le liquide était éparpillé un peu partout. Un silence avait suivi l’explosion dans le fond de la salle. Tous regardaient cet homme qui venait de briser un verre et qui ne réagissait pas aux gouttes de sang qui coulaient le long de sa main. Certains crurent que la larme qui coula le long de sa joue était due à la douleur. Oui, elle était due à la douleur, mais pas à la douleur physique. Et cela, seul Yzöel le savait. Il le regarda se diriger vers les toilettes, les yeux brillants. Lorsqu’il entendit la porte claquée et que le boucan revînt dans la salle, il ne bougea pas. Ses yeux fixaient la porte par laquelle Eöiwn était passé. Le barman arriva et pesta :
« Te ! Non mais pour qui il se prend, lui ? Yzöel, il a beau être ton ami, casser un verre sans raison, c’est…
- Il avait une raison, Aquïl. »
Le barman le fixa, un torchon à la main puis haussa les épaules, en grognant. Abigaël se colla à lui, lui agrippant le bras.
« Allez peu importe… Allons danser mon chou… »
Yzöel la foudroya du regard. Elle fut surprise par cette attitude si peu familière au Yzöel qu’elle connaissait puis s’éloigna en haussant les épaules. Le docteur, lui, s’effondra sur le canapé posant sa tête dans ses mains.
¤ Et maintenant, qu’est-ce que je dois faire, hein ? ¤
Des femmes vinrent le coller mais il les repoussa et se leva rapidement. Après avoir fermé les yeux un long instant, il entra dans les toilettes à son tour. Il ferma le verrou et se colla à la porte. Il entendit alors quelqu’un vomir. Il abaissa ses paupières, laissant une larme couler. Il était aller trop loin, beaucoup trop loin. S’avançant d’un pas lent, il s’adossa à la porte du cabinet où se trouvait Eöiwn. Après le vomi, c’était les larmes. Et quelles larmes. Yzöel se tut. Eöiwn ne devait pas savoir qu’il était là. Le docteur respectait ce moment où son cadet laisser échapper enfin ses sentiments. Il ferma les yeux, attendit que cela se calme ne serait-ce qu’un tout petit peu. Il dit alors :
« Ca fait mal, hein ? Ca fait mal d’être ignoré, n’est-ce pas ? »
Il se redressa un peu. Il s’attendait à la suite. Eöiwn allait sortir, lui mettre la gifle la plus douloureuse de sa vie et s’en aller. Mais il voulait retarder ce moment dont il se faisait la scène. Il reprit alors la parole. Comme précédemment, sa voix était pleine de regret et de tristesse. Cependant, on aurait pu croire qu’elle était d’une neutralité stupéfiante. Jamais Yzöel n’avait laissé ces sentiments-là s’exprimer, que ce soit par la voix ou par des gestes. C’était pour cela qu’une telle consonance dans sa voix pouvait paraître étrange.
« S’il te plait… »
Il laissa un petit silence s’installer. Lui qui avait tout fait pour entrer dans le jeu allait être le premier à craquer par la parole.
« … je t'en prie, pardonne-moi… »
C’était dur. C’était tellement dur de s’exprimer ainsi, se rabaissant devant celui qu’on aimait. On entendait taper sur la porte. Des « Laissez-nous entrer ! », « Il n’y a pas que vous qui ayez envi de pisser ! » ou « P’tin mais ouvrez ! » résonnaient dans la pièce sans faire effet sur le docteur. Celui-ci se prépara. Il était droit, regardait la porte, espérant qu’en s’ouvrant, il verrait un Eöiwn qui se jetterait dans ses bras. Mais il le savait. Ce qui l’attendait, ce ne serait sans doute pas un câlin mais une bonne paire de gifles. En pensant qu’il venait de tout détruire, des larmes coulèrent sur son visage. Il pleurait ? Lui ? C’était tellement étrange…
|
|  | | Eöiwn Hawk
† Administrateur †

Inscrit le : 11 Mai 2008 Messages : 132 Localisation : Chez Yzöel âge du personnage : 21 ans Feuille de personnage PV:
   (150/150) expérience:
   (200/200) Arme: Macful 500FG
| Sujet: Re: "Chez Aquïl !" Ven 27 Juin - 14:45 | |
| Ploc, ploc, bruit d'un robinet mal refermé ou bruit de larmes qui s'écrasaient contre le sol des toilettes. Le jeune homme était là, étendu sur le sol gélatineux éternellement propre, mais qui à cet instant avait perdu toutes ses vertues apaisantes et douces. Il était rude, froid, douloureux. Ou peut-être, était-ce la matière qui constituait son coeur, qui lui écorchait les chairs et faisait couler son sang. Les yeux voilés d'une barrière de larmes, chaudes, dévalant ses joues moelleuses, il retira les bouts de verre de sa paume, les dents serrés. A présent, la lippe ensanglantée elle aussi, il regarda son membre meurtris et s'interrogeant sur l'intelligence de son geste. Sans doute, n'y en avait-il pas, seule la colère l'avait mut... la jalousie? Il avait compris que si le lien invisible qui l'avait toujours lié au docteur s'était enfin révélé au grand jour et s'était aggrandit à une vitesse fulgurante, il était désormais, non plus un lien d'amitié, mais un lien de sentiments violent, amour, tristesse : positifs et négatifs pouvaient tous passer par ce filtre aux mailles grandes ouvertes. Mais il n'aurait pas dû agir de la sorte. Il avait fuit, vomis, pleuré, qui était cet individu sans aucune fierté? N'aurait-il pas dû se battre pour lui et le voler à la demoiselle qui ne concourait que pour sa beauté? Oui, il avait commis une erreur. Pouvait-il à présent faire marche arrière? Il avait entendu l'ouverture discrète de la porte, son verrouillement, mais n'y avait point prêté attention, la tête encore plongée dans la cuvette, se disant que ce devait être un client qui cherchait à uriner, action habituelle qui s'effectuait en ce lieu. Enfin, il sut qui était rentré, quand celui-ci éleva la voix :
« Ca fait mal, hein ? Ca fait mal d’être ignoré, n’est-ce pas ? »
Tremblement de terre, non, sursaut monumental. Le docteur l'avait rejoint, il avait même sûrement vu ses actions médiocres et dénuées de conscience constructive, son apitoiement sur lui-même, bref, la déchéance même du général de l'Atlantis Armada. Il était là, deux questions auxquelles Eöiwn n'allait certainement pas répondre, elles étaient rhétoriques, c'en était évident. Que fallait-il répliquer sinon? Que oui, c'était dur, c'était douloureux, c'était intenable? Être ignoré, c'était presque pire que de n'être point aimé, après tout l'amitié était un filet. Mais là.... c'en était trop. Allait-il changer la situation? En bien, en mal? Eöiwn ne voulait même pas entendre la suite, peur singlante qui venait déchirer son âme. Mais une voix suppliante vint le convaincre de tendre l'oreille, une voix dont il ne voyait pas le visage. Quoi, « s'il te plaît »? Ce n'étaient pas les mots auxquels il s'attendait, ni le ton de sa voix. Elle était emplie d'une faiblesse inconnue, d'une peur quasiment semblable à celle du général. Alors lui aussi, souffrait autant? Mais que s'était-il passé, au fond? Ils passaient une super journée, en amis, s'étaient par hazard dévoilés leurs sentiments et... voilà que tout finissait en paroles indifférentes puis larmoyantes, de quoi ne rien y comprendre. Cependant, telle était la vie, pleine d'embûches, de mal-entendus, de faiblesses cachées. Et voilà que le scientifique lui demandait de lui pardonner, à lui, qui avait agit de manière si provoquante. C'était dans l'ordre des choses, pourtant, Eöiwn n'en semblait pas convaincu. Quelque part, tous deux avaient eu tort, avait eu peur, étaient victimes. De toute façon, depuis quand les relations étaient-elles simples? D'autant que leur situation était peu commune... deux amis, deux collègues, un supérieur militaire et son subalterne scientifique, deux hommes.
Ainsi, c'était au tour d'Eöiwn d'agir, de décider, action qu'il faisait tous les jours, mais dans un contexte sensiblement différent, c'était sur lui que reposait leur relation. Ah, qu'allait-elle devenir? Question rhétorique, bien entendu, car le général ne doutait point, à ce stade. Il était sûr de ses actions. Yzöel demandait grâce? Il ne manquait plus que ça. Le jeune homme avait les idées claires, pour une fois, et décida d'ouvrir la porte. VLAM ! Eöiwn ouvrit la porte en grandes pompes et regarda le jeune séducteur de ses yeux froids, secs, il avait essuyé son visage, et seul un filet de sang maculait sa peau pâle au niveau de la lèvre. Soudain... Eöiwn se jeta sur Yzöel. De sa main, il lui aggrippa le cou, de l'autre, sa taille. Sa bouche, sans demander une quelconque autorisation, se colla à la sienne et s'y lia sans retenue. Qu'y avait-il de meilleur que le pardon? Même si le courage qu'il fallait pour le faire était de taille. Ses cheveux s'étaient soulevé par son action brutale, ses yeux s'étaient refermés, sa peau était devenue moite. Il ne pleurerait plus, cette fois, mais il s'accrocherait à cet homme qui avait exposé son sentiment le plus noble, quitte à être rejeté. Qu'allait-il dire à présent? Allait-il même réussir à prononcer quelques syllabes?
« Je... t'aime.. »
Ah, c'était niais, c'était mielleux, c'était presque révoltant, mais il était important d'accorder quelque grâce à nos protagonistes, qui avaient été baignés dans quelques jauges de torture, après tout, ils l'avaient mérité... _________________ Jeune mais tant de responsabilités, froid et regard indifférent...
...que quelqu'un frappe à la porte de mon coeur, ou il périra dans de la glace. |
|  | | Yzöel Aelith
Scientifique

Age : 16 Inscrit le : 03 Juin 2008 Messages : 46 âge du personnage : 23 ans Feuille de personnage PV:
   (125/125) expérience:
   (200/200) Arme: X
| Sujet: Re: "Chez Aquïl !" Sam 28 Juin - 19:07 | |
| Tout s’écroulait, il le savait. Agir de la sorte, se venger d’une ignorance, faire autant de mal et finir par demander pardon ? Qui, en ce monde, pardonnerait de tels actes ? Yzöel venait de détruire la seule chose qui le lier au général depuis tant d’années. Il y avait eu amitié, amour, haine. Là s’arrêterait donc leur relation ? Etre haï, allait-il le supporter ? Cela allait influencer trop fortement son comportement au travail. Arriverait-il à agir comme avant après ça ? C’était impossible, évidemment. Il se voyait déjà donner son disque de démission signé d’une empreinte à son supérieur, à son ancien ami, à son ancien amour. Toutes ces pensées négatives qui le perturbaient étaient pour une fois visibles de l’extérieur. Lui aussi commençait à ne plus se sentir bien. Pourtant, Eöiwn n’avait rien dit encore. Yzöel l’avait juste entendu sursauté lors de ses premiers mots. Qui ne l’aurait pas fait, hein ? Ses pensées étaient tellement noires et péjoratives que le docteur devait dégager une aura obscure à en faire fuir plus d’un. Il regardait cette porte qui allait bientôt claquer avec fureur, faisant apparaître un homme dans une colère noire. Après tout, il n’avait pas totalement tort. La porte, elle allait bel et bien claquer… VLAM ! Yzöel aurait aimé fermé les yeux à ce moment-là. Il ne voulait pas voir la suite… Ce regard froid et sec n’était que l’introduction à ce qui allait suivre. C’était ce qu’il pensait. Il commença, pour la première fois de sa vie, à avoir peur d’Eöiwn. Général dur, froid et catégorique, il n’avait jamais eu peur de lui pour autant. Cependant, là, à ce moment pénible, il avait peur. Peur de sentir une fureur incontrôlée s’abattre sur lui. La peur… C’était un sentiment étrange, l’avait-il jamais ressenti ?… Il regarda cet homme, homme qui lui était tellement connu et méconnu en même temps… Qu savait-il de cet homme, en fait ? Peu de choses… Il avait toujours cru que le passé resterait du passé mais peut-être s’il avait connu ne serait-ce qu’un petit bout de la vie de son cadet, il n’aurait pas agi si bêtement.
« Ghh… »
Hein ? Quoi ? Que se passait-il ? Quels étaient ses bras qui entouraient son corps ? A qui appartenaient-ils ? A…lui. Lui dont il avait tant cru anticiper les actions… Il s’était lamentablement trompé. Ce bras autour de son cou, cette main sur sa taille, était est-ce bien réel ? Ne rêvait-il pas ? Non… Ces lèvres douces, ce contact si délicieux… Ce ne pouvait être un rêve. Mais alors… Eöiwn l’embrassait ? Il l’avait pris dans ses bras, le serrer contre lui, l’embrasser… Yzöel devait s’avouer vaincu. Il était dans l’incompréhension la plus totale. Lui qui avait d’habitude réponse à tout s’avouait vaincu. Mais là, il ne réfléchissait plus. Il ne pensait qu’à ce contact doux, à ce baiser magnifique, profitant de chaque milliseconde. Lorsqu’enfin il sentit ses lèvres se décoller des siennes, il s’attendait à ce qu’Eöiwn se retire, gêné mais ce fut tout autre chose qui lui apparut. Du moins, ce fut des mots qui arrivèrent à ses oreilles. Des mots qu’il ne s’attendait pas à entendre mais qui lui chauffèrent tellement le cœur qu’il ne sut comment réagir.
« Je... t'aime.. »
Trois mots. Trois mots qui allaient tout changer, absolument tout. Yzöel regarda Eöiwn dans les yeux. Son regard suffisait à exprimer ses trois mots. Posant sa main sous le menton du général, il souleva un peu sa tête pour l’embrasser. Lorsqu’il se décolla de lui, il posa ses mains dans le bas de son dos et le serra contre lui. Il devait dire quelque chose.
« Ces trois mots… Ils vont tout changer… Te sens-tu près ? »
Il remonta doucement ses mains, le gardant tout contre lui. Avant qu’il ne réponde, il baissa doucement sa tête, l’embrassant dans le cou. Le soulagement qu’il venait de vivre était intense. Mais il n’était pas comparable à l’amour qu’il portait à Eöiwn à ce moment-là. Il n’avait qu’une envie et c’était de rester ainsi. Il avait eût tant besoin de ces trois mots. Il en avait vécu des aventures, mais jamais on ne lui avait dit sérieusement ces mots qui changeaient le cours d’une vie : « Je t’aime ».
|
|  | | Eöiwn Hawk
† Administrateur †

Inscrit le : 11 Mai 2008 Messages : 132 Localisation : Chez Yzöel âge du personnage : 21 ans Feuille de personnage PV:
   (150/150) expérience:
   (200/200) Arme: Macful 500FG
| Sujet: Re: "Chez Aquïl !" Jeu 3 Juil - 17:51 | |
| C'était presque une force inconnue qui l'avait poussé à pardonner Yzöel. Pourquoi donc l'avait-il fait? Heureusement il y avait toujours, peu de temps après ses actes spontannés ( fait avéré en face d'un seul homme, en fait ) un déclic qui se passait, qui lui murmurait à l'oreille les causes enfouies en lui, lorsqu'elles étaient décryptables. Or cette fois-ci, Eöiwn n'y pouvait rien, n'y comprenait rien. Alors en tant que possesseur d'omniscience, nous allons le découvrir, à son insue. Qu'était-il arrivé au petit garçon Eöiwn? Il avait été seul, bien trop seul toutes ces années, la solitude était sa voie mais se présentait en tant qu'ennemi naturel et imbattable, il ne la chassait pas, la craignait juste. Le froid l'avait engloutit et peu à peu, il ne s'en souciait plus, ne le remarquait presque plus. Mais son coeur, lui, souffrait en silence, tandis que son esprit était occupé à travailler sous les ordres de son père. Sans doute avait-il, au plus profond des ténèbres de son âme, souhaité un jour rencontrer un ami, un seul, celui qui le sortirait de sa cryogénisation forcée. Mais tout l'inverse s'était produit. Au contraire, son seul lien proche et direct avec l'humanité s'était envolé, ou plutôt, avait été détruit, assassiné, une douce nuit de mai. Et les yeux rouges d'avoir trop pleuré un père pourtant si distant, embrunés par le manque de sommeil, voilà qu'il buta dans un garçon au milieu du Quartier Général, le lendemain du drame. Qui était-il, ce gamin inconnu, à traîner ici? Ce qui l'étonna d'abord fut son jeune âge, lui qui avait été le seul enfant de l'Armada depuis des années. Le garde du corps qui lui collait au derrière depuis la matinée avait essayé de le brusquer mais le jeune gradé l'avait tout de suite défendu. Oui, il n'avait pas vu cet adolescent à peine rentré dans le métier, un surdoué peut-être, et ils s'étaient rentré dedans. Tout de suite, malgré les apparences et son habituelle froideur, cet Yzöel Aelith lui avait plut, lui et son visage enjoué, plein de joie de vivre, la belle tignasse brune. Et parce qu'il avait réussi à lui parler avec tact, son innocence fut vaincue sans un instant de plus. Déjà, l'amitié que lui offrait ce garçon prenait une place bien plus importante qu'elle n'aurait dû le faire, il accordait son attention au moindre de ses gestes, de ses regards, dans l'incognito le plus parfait. Avait-il l'air indifférent et taciturne? Il l'était, enfin, la moitié de lui l'était. L'autre, bien planquée, contre son gré, criait, riait, se lamentait, à chacun de ses actes. Qui sait, peut-être était-ce la conséquence d'une aridité trop longtemps répendue dans ses émotions qui avait provoqué une telle réaction au docteur, en tout cas, dès la première rencontre, son futur avait été décidé, son coeur avait été vendu. Pendant toutes ces années, Yzöel avait essayé de lui trouver des petites amies, ne se doutant pas qu'il avait déjà rencontré quelqu'un, et que ce n'était autre que lui. Il ne s'en doutait tellement pas qu'il s'amusait à lui raconter sans tarir ses exploits sur la gente féminine. Un crève-coeur. Mais le jeune général ne disait mot, après tout, il ne plaçait aucun espoir dans l'affaire, aucune lueur optimiste. Alors, il était toujours calme, assuré, ne se préparant à aucune bombe ravageant tout son intérieur... qui l'atteignit ce jour-là. Pourquoi tant de remous en une seule et même journée? Simplement parce qu'il avait exposé au grand jour un secret enfoui en lui depuis des lustres, et que ce secret était peut-être si fort qu'il avait atteint le docteur. En tout les cas, voilà qui le comblait enfin, lui, le petit garçon et son interminable exil. C'est ainsi qu'il se jeta dans les bras de son bien-aimé, ignorant qu'il agissait sous la force d'autant d'émotions compactes retenues violemment, mêlant sa figure placide et son ventre bouillant, déferlant sa passion par ses lèvres, libérant des mots qu'il ne s'était jamais imaginé prononcer. Le docteur répondit à son baiser, le serra un peu plus dans ses bras, apportant de sa chaleur, détruisant la dernière couche de glace. Il était là, et Eöiwn n'allait plus le laisser partir, plus jamais. Ah qu'il sera difficile, maintenant, de restreindre le docteur à travailler sérieusement quand ils seraient au QG! Quand à présent, la température augmentait entre eux... Le scientifique lui posa une question, et aussi indigne fut-elle, quand on connaissait l'entière vérité sur le général, il y répondit, de sa voix supérieure :
« Quoi? Tu ne m'en crois donc pas capable? Mesure-toi à qui tu parles, Aelith ! »
Puis il le jaugea de son air sévère. Après tout, peut-être que cette question avait un sens, puisque privé si longtemps d'affection, il était faible face à elle. Mais il ne l'admettait pas, et était résigné à paraître sûr de lui, bien que ce n'était point le cas. Alors, retenant son anxiété grandissante et sa peur maladive, il attrappa la main d'Yzöel de sa dure poigne et ouvrit la porte sèchement. Ignorant - du moins il essayait - les gens autours, il s'asseya sur le canapé où il se trouvait précédement, mais cette fois-ci, ce fut à son tour d'y entraîner l'habitué, et s'accrocha à lui comme le faisaient les filles du coin. Il remis ses lunettes et se rattacha les cheveux, le bras pendu au cou du docteur, la tête posée sur son épaule. Il lorgna les femmes qui dansaient, les dissuada sans un mot d'oser venir jalouser. Non mais oh, il ne permettrait plus qu'on lui pique l'homme qu'il avait tant admiré. Sa langue vint chatouiller l'oreille d'Yzöel et il lui murmura doucement :
« Alors? Convaincu? J'espère que tu restes avec moi ce soir, comme tu l'a fait avec toutes les filles de ce bar... »
Et un discret sourire aux lèvres, il embrassa son cou et se contenta de respirer à nouveau le parfum qui enchantait ses sens... _________________ Jeune mais tant de responsabilités, froid et regard indifférent...
...que quelqu'un frappe à la porte de mon coeur, ou il périra dans de la glace. |
|  | | Yzöel Aelith
Scientifique

Age : 16 Inscrit le : 03 Juin 2008 Messages : 46 âge du personnage : 23 ans Feuille de personnage PV:
   (125/125) expérience:
   (200/200) Arme: X
| Sujet: Re: "Chez Aquïl !" Sam 5 Juil - 11:36 | |
| Franchement, n’aurait-il pas pu profiter tout simplement du pardon de son supérieur ? Etait-il obligé de lui demander s’il était près ? Non, évidemment que non mais il l’avait fait. Au fond de lui, il connaissait la réponse. Il savait aussi comment allait réagir Eöiwn. Après tout, Yzöel avait ce pouvoir de lire entre les lignes des personnes. Avec le Général, cela avait toujours été très dur. Il avait été tellement froid que lire en lui était devenu un défi pour Yzöel. C’était vrai après tout… Depuis le temps qu’ils se connaissaient, jamais il n’avait pu lire en lui un quelconque sentiment du genre… Mais, il n’avait pas non plus pu lire en lui-même… Il avait eu nombres d’aventures avec des filles et ne s’était pas rendu compte que la personne qui lui était destinée était tout près… Alors, était-il encore un professionnel de l’amour ? Il en doutait… Que s’était-il passé ? Qu’y avait-il eu pour que jamais ils n’arrivent à s’avouer leurs sentiments ? Yzöel soupira. Le souvenir de leur rencontre ressurgit dans son esprit. C’était un passage de sa vie dont il n’avait jamais oublié aucun détail. Il aurait donc du s’en douter… Un souvenir si profond ne pouvait entraîner que de tels sentiments. Ah… Le simple fait de ce souvenir de cet instant le rendait heureux. A présent, un tout autre point de vue semblait en place sur le moment de cette rencontre. C’était vrai… Après tout, il avait eu le courage de lui tenir tête, l’avait réprimandé, l’avait gentiment prévenu de sa faiblesse et avait été le premier à connaître son nom. Tout cela ressemblait à une scène d’amour que l’on voyait dans les films. En pensant à cela, Yzöel eût un sourire. Cette après-midi par contre allait être un souvenir bien plus fort. Un souvenir tellement fort qu’il battrait tous les autres… Et il avait posé cette question. Eöiwn allait sans doute réagir comme un général. C’était ce qu’il pensait et il ne se trompa point.
« Quoi? Tu ne m'en crois donc pas capable? Mesure-toi à qui tu parles, Aelith ! »
Yzöel éclata alors dans un grand rire. Il ne répondit pas à sa question mais l’attitude supérieure qu’adoptait Eöiwn était à mourir de rire. Qui, dans une situation pareille, ferait ressortir les liens hiérarchiques qui les unissaient ? Il fallait avouer que seul Eöiwn en était capable. Mais Yzöel appréciait ce côté-là même si l’emprise qu’il avait sur lui était nulle. Le Général était incapable d’admettre qu’il était faible sur ce point-là qu’était l’amour et c’est ce qui amusait le scientifique. Cependant, la suite des évènements allait lui prouver qu’il essayait vraiment de se durcir, même en amour. Il lui prit la main, la serrant fortement. Il était habitué à sa poigne dure mais tout de même, il aurait pu contrôler sa force. Arrêtant de rire mais le sourire aux lèvres, il se laissa entraîner dehors, voyant les personnes qui attendaient d’aller en ces lieux s’y jeter comme des animaux. Oh, les regards des autres ? Il n’y avait jamais prêter attention, alors pourquoi commencer maintenant ? Il se laissa asseoir sur le canapé et eût un petit rire en voyant l’attitude d’Eöiwn. C’était exactement la même que toutes les filles de ce bar prenaient envers lui. Il regarda son compagnon, attendrit par ses actions puériles… Voyant le regard qu’il jeta aux filles qui dansaient, il eût de nouveau un petit rire et sourit aux demoiselles, comme pour faire pardonner l’attitude enfantine du Général. Lorsqu’il sentit cependant la langue d’Eöiwn sur son oreille, Yzöel sursauta légèrement. Les mots qui s’en suivirent lui firent lâcher un doux sourire.
« Alors? Convaincu? J'espère que tu restes avec moi ce soir, comme tu l'a fait avec toutes les filles de ce bar... »
Yzöel, sourire aux lèvres, posa sa main sur la cuisse d’Eöiwn puis la remonta légèrement.
« Convaincu ? Pas tout à fait à vrai dire… »
Il lui sourit doucement en lui tirant la langue puis ajouta, prenant un air faussement contrarié :
« Oh ? Toutes les filles ? Tu exagères ! Seulement 90%… »
Il ria doucement puis passa la main sous le T-shirt d’Eöiwn. Puis après avoir apprécié le baiser de ce dernier dans le cou, il s’approcha de son oreille, la mordilla et lui chuchota doucement :
« Mais toi, tu auras droit à 100 fois mieux que ces demoiselles… »
Il ria de nouveau et le serra contre lui. Il appela alors Aquïl et dès que le barman arriva, il lorgna tout d’abord Eöiwn puis les deux en voyant leur position. Yzöel n’en tînt pas compte et dit alors :
« Deux cocktails du Soleil, s’il te plait… »
Aquïl haussa les épaules et s’en alla pour les préparer. Yzöel regarda Eöiwn et lui dit doucement :
« J’espère que tu aimes l’alcool… Hehe… »
Il lui sourit et le colla un peu plus à lui, tout souriant.
|
|  | | Eöiwn Hawk
† Administrateur †

Inscrit le : 11 Mai 2008 Messages : 132 Localisation : Chez Yzöel âge du personnage : 21 ans Feuille de personnage PV:
   (150/150) expérience:
   (200/200) Arme: Macful 500FG
| Sujet: Re: "Chez Aquïl !" Mar 8 Juil - 13:45 | |
| Bercé dans une alcôve parfumée, Eöiwn sentait ses forces disparaître, s'envoler. Agrippé à celui qui avait arraché son coeur, il n'allait pas le lâcher, profitant d'une soirée où les liens hiérarchique n'existaient plus, même s'il lui arrivait de les remettre sur le tapis de temps à autre, ce qui déclenchait bien sûr l'hilarité de son subordonné. Au moins, ils n'étaient pas au bureau, et il appréciait ce rire dénué de retenue, juste naturel. Autours d'eux, alors que l'horloge annonçait le début de soirée, la populace commençait à s'échauffer, à faire du bruit, à mettre l'ambiance. De plus en plus de monde rejoignaient les pistes, commandaient des verres, les esprits se libéraient et les filles se lâchaient. Si le jeune général continuait à les regarder, lové contre Yzöel, rien de tout cela ne l'attirait : jamais il ne les rejoindrait, ni dans la danse, ni dans la folie que peut provoquer l'alcool. °Alors c'est comme ça que le monde s'amuse..° C'était incompréhensible pour lui. Finalement, tous ces gens n'étaient-ils pas désespérés, ne cherchaient-ils pas à fuir leur vie, leur condition, et s'oublier dans la boisson et la fête? Il regarda leurs visages extasiés, enjoués, oui, ou peut-être cherchaient-ils l'amour par ce moyen... Il reporta son attention sur le scientifique avec qui il partageait des sentiments forts et incassables, mais qui avant ce soir-là, faisait partit de ceux qui ne s'attachaient jamais. Sans doute que le scientifique appréciait, lui aussi, oublier sa journée de travail et libérer sa tête trop chargée dans les bras d'une jolie brune, ou blonde, ou toute couleur artificielle s'écartant de la norme. Allait-il le regretter? De se conforter avec un homme comme lui? Après tout, il n'avait pas les vertus d'une femme et se considérait, quand même, bien plus ennuyeux qu'elles. Une peur naquit en lui alors, de cette réflexion futile, la peur de voir Yzöel inconstant. Etait-ce possible? Il secoua la tête, chassant cette pensée négative et destructrice, rejetant une jalousie qui n'avait même pas lieu d'être. Pas encore du moins... °Argh° Eöiwn frissonna, il sentait la main de celui qui siégeait dans ses pensées, elle caressait sa cuisse et remontait lentement. C'était un contact doux, agréable, mais qui lui provoquait une vive montée sanguine, ne manquant pas de lui colorer les joues. Cet imbécile avait un sourire aux lèvres, il semblait bien s'amuser. ° Gros malin !° Les sourcils froncés, n'ayant aucune force ou volonté de réagir, il regarda juste ses doigts s'aventurer et l'entendit douter à son sujet. Pas tout à fait? Qu'est-ce que cela veut dire? Considérait-il que Eöiwn n'était point prêt à assumer ses paroles à ce niveau là? « Glurp » Son teint pâlit, une goutte de sueur perla sur sa tempe. Voilà qui prouvait sûrement que le scientifique ne serait pas seulement avec lui, mais continuerai... 90%???! Et quel était cet air faussement irrité qui habillait son visage? Sans aucun doute, Yzöel se moquait de lui, et faisait tanguer la couleur de sa peau entre un rouge embarrassé et un blanc apeuré. Evident qu'il aimait se jouer de lui comme on l'aurait fait d'un petit frère naïf. Petit frère? Il se demanda si finalement, les sentiments que portaient le docteur à son supérieur n'étaient-ils pas plus de l'affection et de l'attendrissement, plutôt que de l'amour... Ah non, impossible, il ne lui aurait pas mentit quand même! Le général entendit le doux rire de son ami puis sentit sa main se balader encore plus haut, elle gagnait son ventre, se glissait sous son habit. Mais ce qui fit passer son nez d'un rose marqué à un rouge tomate, fut la sensation de dents qui mordillaient gentillement son oreille, presque aussi sensible que son cou. Il sentait son souffle chaud lui frôler la peau, lui provoquer quelques frissons. Puis sa voix s'éleva dans un murmure taquint :
« Mais toi, tu auras droit à 100 fois mieux que ces demoiselles… »
Les dernières onces de force qui maintenaient son corps s'évaporèrent à leur tour. Il s'abandonna contre Yzöel, la face entièrement rouge, trop gêné pour répliquer quoi que ce soit, même caché derrière ses deux écrans noirs. C'en était trop pour lui. Il entendit à nouveau ce rire malicieux, sentit sa peau se coller un peu plus à lui, il recevait sa chaleur, il avait bien trop chaud maintenant. Mais quelqu'un voulait s'assurer qu'il se sente encore plus perdu qu'il ne l'était déjà, et cela ne pouvait être personne d'autre que le docteur en chef, Yzöel Aelith. Il avait commandé deux cocktails, ne se souciant pas de paraître indécent avec un homme dans ses bras :
« J’espère que tu aimes l’alcool… Hehe… »
Il souriait, le chenapan, il le collait contre lui, il jouait de sa timidité maladive. Certes, Eöiwn avait commencé, mais apparemment, il ne s'était pas figuré ce qui pouvait arriver par la suite. Il était tombé dans un piège parfait, il s'était même jeté dedans, à coeur ouvert. Il voulait contester le fourbe qui le mettait dans une position gênante, mais ne pouvait pas, il était devenu une grosse loque humaine, incapable de rétorquer quoi que ce soit. Bien vite, il vit la menace arriver, dans un roulement de tambour, le cerbère ressortait des enfers et venait leur apporter un contrat avec le diable. Bouuh, encore un frisson. Les deux cocktails furent posés sur la table et le barman repartit aussitôt, le laissant seul avec son tortionnaire. Eöiwn transpirait, peu confiant, puis s'écarta de l'homme qui le serrait et se pencha sur la table, attrapa le verre en l'engloutit d'une traite. Qu'est-ce qui lui prenait? Cherchez pas...
« Ha..haha, mmmh, c'est bonn... »
Un sourire forcé aux lèvres, si peu naturel que c'en était comique, il sentait qu'il allait s'écrouler d'une minute à l'autre, lui qui n'avait jamais avalé une goutte d'alcool de toute sa vie, on lui avait bien dit de ne jamais en boire, et il n'en avait jamais trouvé l'envie.
« Je.. je... suis... »
BAM !!! Fut le bruit sourd que fit sa tête contre le sol. A croire qu'il l'eut cherché... _________________ Jeune mais tant de responsabilités, froid et regard indifférent...
...que quelqu'un frappe à la porte de mon coeur, ou il périra dans de la glace. |
|  | | PNJ

Inscrit le : 16 Mai 2008 Messages : 2
| |  | | |
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| | |
| |
|